Les mots qui frissonnent et qui inspirent – Joachim du Bellay

J’ai toujours apprécié la poésie, sous tous ses formes, voir mon autre blogue sur le sujet ici. Lors d’un travail dans le cadre du cours Design typographique, j’ai eu la chance de concevoir un visuel s’inspirant d’un poème d’un auteur de notre choix. Je l’ai lu pour la première fois dans un recueil compilant les meilleurs extraits de poésie française des origines à 1800. L’auteur a eu une vie assez intéressante et avec Pierre de Ronsard à contribué à la diffusion et la promotion du Français à son époque.

Voici le poème en question :

Joachim DU BELLAY   (1522-1560)

Extrait de : L’Olive sonnet LXXXIII

DÉJÀ LA NUIT EN SON PARC AMASSAIT

Déjà la nuit en son parc amassait

Un grand troupeau d’étoiles vagabondes,

Et, pour entrer aux cavernes profondes,

Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait ;

Déjà le ciel aux Indes rougissait,

Et l’aube encor de ses tresses tant blondes

Faisant grêler mille perlettes rondes,

De ses trésors les prés enrichissait :

Quand d’occident, comme une étoile vive,

Je vis sortir dessus ta verte rive,

O fleuve mien ! une nymphe en riant.

Alors, voyant cette nouvelle Aurore,

Le jour honteux d’un double teint colore

Et l’Angevin et l’indique orient.

J. du Bellay, L’Olive sonnet LXXXIII (1549)

L’auteur est sa biographie… (source Wikipedia)

Courte

Joachim du Bellay est un poète français né vers 1522 à Liré en Anjou, et mort en 1560, à Paris. Sa rencontre avec Pierre de Ronsard fut à l’origine de la formation de la Pléiade, groupe de poètes auquel Du Bellay donna son manifeste, la Défense et illustration de la langue française. Son œuvre la plus célèbre, Les Regrets, est un recueil de sonnets d’inspiration élégiaque et satirique, écrit à l’occasion de son voyage à Rome de 1553 à 1557.

Longue

Joachim du Bellay naît vers 1522 à Liré, en Anjou, au château de la Turmelière. François Ier est alors roi de France ; c’est la Renaissance, des arts et de la culture en particulier. Issu d’une famille de noblesse ancienne (famille de cardinaux, de diplomates et de gouverneurs), le jeune Joachim est orphelin de père et de mère avant qu’il n’ait 10 ans. Il est confié à la tutelle de René, son frère aîné. Ce dernier le néglige. Si l’on en croit les propres affirmations de Joachim du Bellay, il a une enfance triste, solitaire à la Turmelière dans le manoir paternel. Il devient un adolescent fragile qui apprend à se recueillir dans la solitude des forêts et à rêver sur les bords de la Loire. Néanmoins, il se rend régulièrement dans un autre domaine familial, le château de Gizeux, propriété de la famille du Bellay située dans le grand Anjou historique, au nord de Bourgueil.

D’après Kléber Haedens dans Une Histoire de la littérature française, un jour d’été est déterminant dans la vie de Joachim du Bellay, quand, dans une auberge, sur les bords de la Loire, il rencontre Pierre de Ronsard. Celui-ci est fin, élégant, et parle avec aisance. Les deux jeunes hommes ont une vingtaine d’années. Ils ont des parents et amis communs. Après avoir rêvé l’un et l’autre à une carrière militaire, ils ont dû y renoncer tous deux pour cause de surdité précoce. Pour d’autres, ils se rencontrent en 1547, alors qu’ils sont étudiants à l’université de Poitiers. Pour d’autres encore, ils se rencontrent au Mans où les membres de la famille du Bellay sont nombreux à occuper des charges dans l’Eglise.

Pierre de Ronsard écrit des vers et veut devenir un grand poète. Il explique à Du Bellay qu’il rentre à Paris, au collège de Coqueret, où il étudie les auteurs anciens. Joachim avoue qu’il compose des poèmes, lui aussi. Ronsard convainc Du Bellay de venir avec lui. Au collège de Coqueret, ils ont Jean Dorat, un brillant helléniste comme professeur. Il leur fait découvrir les auteurs de l’Antiquité et ceux de la poésie italienne. Ronsard et Du Bellay forment alors un groupe d’amis poètes, qui prend en 1549 le nom de Brigade avant d’adopter en 1553 celui de Pléiade. Le groupe de la Pléiade souhaite définir de nouvelles règles poétiques.

Il a embrassé l’état ecclésiastique et devient chanoine de Notre-Dame de Paris, ce qui ne l’empêche pas de mener une vie assez mondaine. Ses vers lui donnent accès à la cour, où on l’appelle l’Ovide français.

En 1549, le groupe décide de publier un manifeste que Du Bellay est chargé d’écrire : Défense et illustration de la langue française. Du Bellay signe l’ouvrage, « inspiré » des idées du groupe — défendre le français contre la domination du latin, cultiver les genres nouveaux, enrichir le vocabulaire, etc. Ce livre, animé d’un souffle énergique, se veut l’acte de fondation de la poésie française. Aventure courageuse, qu’ils menèrent avec intelligence, talent, et aussi ironie. Puis du Bellay publie un recueil d’une centaine (115) de sonnets, L’Olive (1549). Ces sonnets « à la manière » de Pétrarque, connaissent un grand succès. C’est le premier recueil en français de sonnets amoureux.

Malgré des problèmes de santé, de 1553 à 1557, Du Bellay devient secrétaire, à Rome, du cardinal Jean du Bellay, son oncle et célèbre diplomate. Cet exil de quatre ans, durant lesquels il écrit Les Antiquités de Rome, commence dans l’enthousiasme . Le poète découvre la ville mythique de l’Antiquité, qui n’est plus que ruines, faste et débauche. Le dégoût et le regret s’emparent du poète, sentiments qui lui inspireront ses plus belles pages. Rome qu’il a tant magnifiée dans ses rêves, le déçoit. De retour à Paris, en 1558, il publie Les Antiquités de Rome, les Divers Jeux rustiques et Les Regrets, un recueil de 191 sonnets (dont le 31e, le célèbre : « Heureux qui comme Ulysse »), en alexandrins. Ces écrits sont reconnus en leur temps et valent à Joachim du Bellay de participer à la vie intellectuelle parisienne.

Des ennemis secrets le font accuser d’irréligion, ce qui nuit à son avancement ; sa santé se détériore.

Sourd et malade, il s’éteint subitement, à sa table de travail, dans la nuit du 1er janvier 1560. On peut entendre dans le musée qui lui est consacré à Liré, que la syphilis aurait causé sa mort.

Il est enterré dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, mais sa sépulture aurait été perdue… Et, dit-on, son corps reposerait près de la Loire, dans son Anjou natal.

Néanmoins, tout près du château de Gizeux ayant appartenu à la famille Du Bellay, l’église de Gizeux renferme les splendides tombeaux des Du Bellay. De rarissimes orants du XVIIe siècle furent réalisés en marbre blanc par Ghislain dit de Cambrai, directeur de l’Académie Royale de Sculpture de Paris.

A défaut de tombeau certain pour le poète, les ruines du château de La Turmelière, lieu de naissance de Joachim du Bellay, offrent toujours aux visiteurs, des vestiges émouvants dans un cadre romantique et sauvage.

Le manifeste :

Défense et illustration de la langue française (La Deffence, et Illustration de la Langue Francoyse dans l’orthographe originale) est un manifeste littéraire, écrit en 1549 par le poète français Joachim du Bellay, qui rassemble les idées des poètes de la Pléiade.

Le texte, plaidoyer en faveur de la langue française, paraît dix ans après l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui impose le français comme langue du droit et de l’administration française. Du Bellay montre sa reconnaissance envers François Ier, « notre feu bon Roi et père », pour le rôle que celui-ci a joué dans les arts et la culture : création du Collège des lecteurs royaux, pérennisation d’une bibliothèque du roi enrichie d’achats et du dépôt légal. Du Bellay veut faire de la langue française « barbare et vulgaire » une langue élégante et digne. Il lui faudra l’enrichir avec ses camarades de la Pléiade pour en faire une langue de référence et d’enseignement.

L’Olive est un recueil de poèmes publié par Joachim du Bellay entre 1549 et 1550. Il célèbre dans ce recueil une maîtresse imaginaire en s’inspirant de Pétrarque.

Ce recueil comporte 50 sonnets écrits en 1549 mais en comportera 115 à sa publication en 1550 chez Corrozet et L’Angelier.

Analyse du poème (Source Wikipedia)

Le thème de la « belle Matineuse », dont l’éclat fait pâlir l’Aurore, prend naissance avec un sonnet de l’italien Rinieri. Il donna lieu à de multiples variations dans toute l’Europe et les poètes de la Pléiade en firent un de leurs motifs privilégiés.

C’est un sonnet qui raconte un « souvenir poétique ». Il appartient au registre descriptif et lyrique.

1. La description de l’aube (2 quatrains)

a. Recours aux images de la mythologie

b. Recours aux images de la grâce adolescente

2. l’apparition d’une jeune femme dénudée (1er tercet)

a. Comparaison avec l’étoile (du berger) c’est-à-dire Vénus ? Voir la naissance de Vénus de Boticelli, thème favori de la Renaissance

b. Comparaison avec la nymphe, déesse des eaux

3. La gêne du poète (dernier tercet)

a. Jeu de mots sur le rosissement de l’aurore : couleur du ciel à l’est (indique orient) et de la honte du poète (l’Angevin)

b. Le poète comme le jour est spectateur (voyeur) de l’intimité féminine. Le jour personnalisé dévoile sous sa lumière une scène charmante.

Conclusion : le tableau de la jeune femme au bain, un souvenir personnel ou une peinture de genre ? Traitement typique de la Renaissance. Poème léger et gracieux (voire précieux) sous ses recours systématiques à la mythologie antique.

Pour compléter voici une description du mythe des Pléiades et donne un autre éclairage sur la poésie de ce groupe de poètes

Mythologie des pléiades

L’origine de Pléiade

Il y a plusieurs milliers d’années vivait dans la mythologie grecque un homme renommé qui chassait les animaux sauvages et dangereux. Son nom fût Orion.

Mais Orion n’était pas seulement un grand chasseur, mais il s’intéressait également aux femmes jeunes et belles. Il aimait particulièrement les sept filles du géant Atlas. Ces filles s’appelaient: Les Pléiades.

Mais les Pléiades n’appréciaient pas le comportement d’ORION et faisaient appel au Dieu, Zeus: “Zeus! Aide-nous! Nous avons peur d’ORION!”

Et Zeus fût très fâché et disait à Orion : “Ta mission consiste à chasser les animaux sauvages et dangereux et non pas à chasser les Pléiades, les sept filles d’Atlas. Je te punis pour toujours! Tu verras les Pléiades chaque jour, sans jamais pouvoir les approcher!”

Après avoir fini son discours, il figea Orion et les Pléiades au firmament. Depuis,  Orion est figé de manière à ce que les Pléiades courent devant lui. Ainsi, il doit regarder les Pléiades sans cesse, sans jamais les approcher.

Si vous regardez ce soir le firmament, vous pourrez voir les belles filles d’Atlas sous forme de sept étoiles brillantes.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s