Pourquoi Steve Jobs a changé ma vie (sans que je le sache au début)

L'équipe de choc Steve et Jonathan, l'idée et le design travaillant de concert.

Je ne serai pas le seul, ni le premier, mais je dois dans le choc de cette nouvelle attristante, expliquer comment Steve jobs a influencé ma vie et également celle de bien des gens. En 1996, j’ai commencé à apprendre le graphisme sur un Macintosh, le métier que j’exerce encore aujourd’hui. Avant cette date, la chose informatique m’apparaissait sans intérêt, compliquée, et réservée à une sorte de privilégiés étranges qui trippent à perdre une après-midi pour dessiner une figure de maison à l’aide d’une programmation complexe et incompréhensible à mes yeux.

Mon premier mac, le Performa 5200, un des pires Mac jamais construit (http://lowendmac.com)

J’ai d’abord commencé à utiliser cet outil pour dessiner, et j’ai compris le potentiel latent qu’il recelait. Moi, pourri en informatique,  j’étais capable de produire quelque chose sans me casser la tête. La machine devenait mon alliée dans l’élargissement de mes horizons créatifs.

À cette époque être sur Mac c’était pas si cool que ça, c’était beige, cher, limite considéré comme une tare informatique pour tout les autres qui regardait ma machine d’un oeil sceptique en se disant que de toute façon cette marque d’ordinateur allait disparaître avalée par la concurrence.

Mon deuxième Mac, le PowerMac G4 Digital Audio, acheté en 2001 et toujours fonctionnel.

Après cinq ans, changement de machine, un valeureux G4 digital audio que j’utilise encore. C’est alors le début de Mac OS X.  Jusque là, j’étais un utilisateur Mac ordinaire, content de faire partie d’une sorte de résistance sympathique face à Windows. Mais l’arrivée de cette interface, c’était un régal pour les yeux et les paradigmes qu’elle a apportée, on sentait la révolution derrière le bel emballage. J’ai commencé alors à suivre avec plus d’intérêt le bonhomme Steve et ses One more things…  Le iMac c’était bien en 1998, mais je voyais encore cela comme un Performa maquillé d’une coque de couleur. C’est la fin du «ça marche, c’est laid, mais c’est fonctionnel» en informatique personnelle et l’arrivée du « C’est beau, c’est innovant et ça marche en plus » dont Apple et Steve nous ont habitué à s’attendre lors de ses fameuses Keynotes.

Les Imac «Flower power», une des plus laides séries de Mac jamais produites.

L’informatique devient exposé à la mode avec les déclinaisons attendues de iMac en couleurs, pas toujours heureuses d’ailleurs.

L'interface minimaliste de Mac Os X

Le «Digital Life» prédit par Jobs est maintenant réalité. Maintenant tout un écosystème de «iBidules» de tout genres orbitent autour de nos ordinateurs personnels qui sont devenus notre mémoire, une part non négligeable de nos loisirs et de notre identité. Sa volonté de rendre l’outil informatique simple pour tous n’est pas exclusif à Steve, mais par les créations surprenantes qu’il a inspiré, il a donné le ton aux autres, tracé la voie vers une informatique qui soit invisible, une forme au service de la fonction. Il a distillé le désir envers un domaine autrefois réservé à des spécialistes.

All Things Digital's Walt Mossberg and Kara Swisher interview Jobs on Tuesday evening

L’ère du post-PC avec des machines portables, ne nécessitant presque aucune maintenance, connectée en permanence fait maintenant de notre quotidien avec l’iPad. Lors d’une entrevue Steve résume bien l’avenir qu’il entrevoit pour l’industrie :«I’m trying to think of a good analogy. When we were an agrarian nation, all cars were trucks. But as people moved more towards urban centers, people started to get into cars. I think PCs are going to be like trucks. Less people will need them. And this transformation is going to make some people uneasy… because the PC has taken us a long way. They were amazing. But it changes. Vested interests are going to change. And, I think we’ve embarked on that change. Is it the iPad? Who knows? Will it be next year or five years? … We like to talk about the post-PC era, but when it really starts to happen, it’s uncomfortable.»

L’ordinateur reste un outil, attendant que l’on exploite ses possibilités, l’utilité que l’on voudra bien lui donner,  peut importe la forme qu’il prendra dans nos mains. C’est à nous maintenant les créateurs d’aujourd’hui et de demain de garder l’esprit de défi de ce visionnaire dans la recherche de solutions pour améliorer la vie de nos semblables par nos champs d’expertise.

Comme le président Obama l’a si bien dit aujourd’hui «The world has lost a visionary. And there may be no greater tribute to Steve’s success than the fact that much of the world learned of his passing on a device he invented.»

Voilà les principales raisons pourquoi Steve Jobs changea ma vie et celle de beaucoup de gens en inspirant des idées, des objets et des manières nouvelles de créer et d’échanger avec nos semblables. Malgré plusieurs erreurs de parcours, Steve restera pour longtemps un cas à part dans l’imaginaire collectif comme étant l’homme qui a rendu l’informatique utilisable et plus proche des gens peu importe leur profils et leurs intérêts.

Merci Steve.

Steve entouré de son univers de créations Apple.
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